Andy Emler Megaoctet / Archimusic / Elise Caron - Présences d'Esprits (Radio France - Signature)

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En 2010, Radio France passait une commande importante au pianiste et compositeur français Andy Emler: réunir son Megaoctet, Archimusic de Jean-Rémy Guédon et la vocaliste Elise Caron autour d'une suite mêlant écriture et improvisation. Le concert public eut lieu, le 27 novembre 2010, au studio 105 de Radio France, dans le cadre de l'émission Jazz sur le vif de Xavier Prévost. Si cet enthousiasmant enregistrement live ne sort que quatre ans plus tard, il ne s'agit pas là réellement d'un hasard: l'émission Jazz sur le vif vient d'être supprimée pour des raisons budgétaires. Le jazz, comme la culture en général, apparaissent-ils comme un luxe dans une société néo-libérale?
Andy Emler

Dans le magnifique coffret qui accompagne le disque, Andy Emler souligne lui-même l'importance du challenge: Mettre deux "Grands Formats" de la musique française d'aujourd'hui en présence, avec une magicienne de la voix, est un pari de l'esprit sur la dynamique et la richesse qu'une telle réunion va faire naître ... D'un côté, un ensemble de huit musiciens du nom de "Archimusic", bois, cuivres et rythmique dégageant une impression sonore proche de ce que je nommerais "une certaine musique de chambre contemporaine, groovy" et, de l'autre, un ensemble de "barjots" appelé Megaoctet à l'énergie incontrôlable ...
Ajoutez à ces deux orchestres, une chanteuse comme Elise Caron et là, c'est la "totale". Si on connaît bien le Megaoctet que l'on a pu entendre au Gaume Jazz Festival comme au Jazz Brugge et dont les albums "Crouch, touch, engage" de 2009 comme "E total" de 2012 ont remporté un vif succès, en Belgique, on connaît certainement moins Archimusic. Cet ensemble de huit musiciens (ts, tp, hautbois, cl, bcl, basson, cb, dm) existe pourtant depuis une vingtaine d'années (l'album "Archimusic" sorti en 1994 avait été chroniqué dans Jazz in Time).
elise caron

De son côté, Elise Caron est une véritable virtuose de la voix qu'on a pu aussi bien découvrir dans l'Orchestre National de Jazz de Denis Badault, milieu des années '90, dans "Orange" de Michael Riessler en 2000 ou "The rest is silence" de David Chevallier en 2005. Avec Archimusic, elle avait déjà enregistré "Sade songs" et, avec Andy Emler, qu'elle avait rencontré dès 1988 lors d'un stage à la Réunion, elle a enregistré, en 2008, "Childhood journey", en compagnie du Megaoctet. Un vrai réseau d'affinités électives.
Pour cette rencontre au sommet, Andy Emler a composé une suite en cinq mouvements d'une cinquantaine de minutes, en suivant un de ses principes de base: "comme j'aime à le pratiquer, il s'agit d'écrire pour les personnalités de ce double ensemble et pas seulement pour 2 trompettes, un hautbois et X instruments anonymes. On écrit pour les musiciens que l'on connaît ... La notion de "face à face" des deux orchestres, mélangeant en question-réponse les différentes couleurs sonores des ensembles était pratiquement inévitable ..."
Pour se rendre compte de ce "face à face", rien de tel que de visionner la video d'un extrait du concert (Jazz sur le vif: Présences d'esprits, Dailymotion). Au centre du plateau, le piano du leader, derrière lui les deux rythmiques et, de part et d'autre du piano, le reste des deux ensembles: à gauche, les souffleurs du Megaoctet accompagnés des percussions de François Verly, à droite, les anches et cuivres d'Archimusic ainsi qu'Elise Caron. Les différents mouvements de la suite s'enchaînent comme une broderie qui se tisse autour du thème central, énoncé dans Le principe d'Archimeg et repris dans Finally closing. Comme le dit Alex Dutilh, dans les liner notes, "ce Présences d'Esprits se présente comme une succession de mouvements ininterrompus, un glissement d'instants tantôt extravertis et exubérants, tantôt intimes et fragiles."
La musique se déroule comme en miroir. Ainsi dans Le principe d'Archimeg, après une intro des souffleurs en cascade, les deux contrebasses (Claude Tchamitchian et Yves Rousseau) et les deux batteries (Eric Echampard et David Pouradier Duteil) se répondent en face à face. Le thème est ensuite exposé par les soufleurs avec une dominance des trompettes (Fabrice Martinez et Nicolas Genest qui s'offrent un solo en miroir).
La voix n'apparaît vraiment qu'après six minutes environ: des vocalises à la tonalité grave, ponctuées par le piano et le soutien des bois (cl, bcl, hautbois, basson). Un passage, aux environs de la douzième minute, évoque étonnamment la Grande Formation de Garrett List et Michel Debrulle. Le retour au thème central s'opère à la 13e minutes. Au cours des autres mouvements, seront mis en évidence le tuba (François Thuillier), les saxophones alto (Thomas de Pourquery et Philippe Sellam), piano et marimba (F.Verly) sur Mirrors; voix, flûte (E.Caron) et bois sur Un certain malaise 3; de palpitants solos en miroir des saxophones ténors (Laurent Dehors, Jean-Rémy Guédon) sur Un certain malaise 4; un vertigineux solo de tuba avec technique de multi-sons sur fond de tablas, puis un surprenant passage entre saxophones alto et cornemuses (Laurent Dehors, Jean-Pierre Arnaud) et un retour au thème central dominé par les trompettes sur Finally closing.
Tout au long de sa suite, Andy Emler a su concilier aventure collective et envol des solistes, en jouant avec subtilité sur la riche palette sonore des deux ensembles (saxophones, cuivres et bois).
Claude Loxhay

Photo Andy Emler © Jos L. Knaepen
Photo Elise Caron © Hélène Collon CitizenJazz

 


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